Lieu de départ : Blancafort
Lever : 6h
Heure de départ : 8h15
Heure d’arrivée : 19h
Distance parcourue : 28 km utiles + environ
5 autres
Météo : soleil, pluie et orage,
puis à nouveau soleil et chaleur
Paysages : collines, champs de blé,
haies
Terrain : bas côtés des routes
Raconté par : Matthieu
Nous sommes donc partis
ce matin de Blancafort, après avoir dit au revoir à ceux
qui s’étaient levés pour nous saluer. C’était sympa.
Nous avons pris un chemin
très agréable, à travers les champs mais abrité
du soleil par une haie d’arbre, avec une superbe vue sur les collines avoisinantes.
A un moment, une petite rivière – ou plutôt un petit ruisseau
– coupait notre route. Après un peu d’hésitations, Gaspard
a finalement sauté par dessus, et nous avons pu continuer.
Le chemin que nous avions
choisi sur la carte ayant disparu, nous avons longé un bord de champ,
et nous nous sommes retrouvés coincés de l’autre côté,
devant une clôture. Nous sommes donc passés de champ en champ
jusqu’à déboucher dans une ferme dont l’agriculteur partait
à ce moment là. Après quelques explications à
propos de notre périple, qui commencent à devenir habituelles
pour nous, il conclut la conversation en disant « eh ben, ce serait
pas moi qui ferais ça ! »
Lors de la pause du matin,
Gaspard nous a impressionnés par la quantité d’eau qu’il
a avalée. Aucun autre fait marquant jusque dans l’après-midi,
où il s’est mis à pleuvoir, et où nous nous sommes
aperçus que le chemin que nous voulions suivre était en fait
une ligne à haute tension ! Nous sommes donc remontés plus
loin, pour récupérer un vrai chemin, lequel nous a mené
vers… la Sauldre, la rivière du coin, qu’il est peut-être
envisageable de traverser en se mouillant un peu les jours de beau temps,
mais là, nous étions déjà trempés jusqu’aux
os, pas question. Nous avons donc fait une nouvelle fois demi-tour, puis
nous avons recalculé un nouvel itinéraire, qui rejoindra
le premier demain.
Ces détours dans
les champs détrempés à la recherche d’un chemin inexistant
ou impraticable nous ont bien fait perdre une heure. Nous avons donc forcé
l’allure pour faire les kilomètres de route que nous voulions parcourir
avant de nous arrêter. Nous sommes vraiment allés vite, et
Gaspard suivait, un peu poussé au début mais rapidement habitué.
Le soleil brillait à nouveau et tapait fort.
Enfin nous sommes arrivés
à Pradelles, un hameau où nous espérions passer la
nuit. Las du camping sauvage, nous avions décidé de surmonter
notre timidité et de demander aux habitants un endroit où
planter la tente…
Première maison :
« Il y a un camping à Jars, mais ça fait un peu loin…
» Nous étions en effet passés à proximité
dudit camping, mais on n’allait pas revenir en arrière, et puis
un âne au camping, bof. Donc on continue…
Deuxième maison.
Je frappe, les chiens se mettent à aboyer puis à me tourner
autour. La propriétaire guère plus souriante, nous indique
ce même camping, qu’elle situe à 2 km (plus de 5 en réalité
!)
Troisième maison,
encore un chien. Plus aimable, la dame nous explique qu’avec son chien
(qui l’avait renversée alors qu’elle essayait de le retenir) ça
ne serait pas pratique mais bon, si on ne trouvait rien d’autre…
Quatrième maison
: « non ». Bon, c’est pas grave, merci, au revoir, bonne soirée…
Blandine râle devant
cet accueil quelque peu glacial. On décide de continuer jusqu’à
Menetou-Ratel, soit 4 km de plus. Au point où on en est… Pas question
de nous arrêter n’importe où car nous n’avons pas de réserve
d’eau.
Finalement, à peu
près à mi-chemin, nous passons près d’une ferme où
Blandine va demander de l’eau et un endroit où dormir. Elle a plus
de succès que moi ! L’agriculteur nous installe dans un pré
à vaches (heureusement sans les vaches), et nous pouvons lâcher
Gaspard pour qu’il aille brouter où bon lui semble, jusqu’à
ce qu’on se couche (il faut quand même le surveiller car le pré
n’est pas fermé). Plus tard, notre hôte passe en tracteur
avec sa citerne et nous apporte de l’eau. Nous discutons plus longuement…
Tout est bien qui finit bien !
Cette nuit, il pourrait
pleuvoir, et Gaspard est de nouveau attaché au tire-bouchon. On
espère qu’il ne se passera rien. Enfin s’il se détache, de
toute façon on a bricolé une porte : à l’entrée,
c’est une de nos sangles à bagages qui fait office de clôture…
C’est symbolique mais c’est toujours ça.
De cette journée,
je retiendrai : le changement marqué de paysage, avec des collines
nettement présentes maintenant ; le bruit incessant et le manège
des moissonneuses-batteuses, c’est la période des moissons ; la
chaleur du soleil et les bienfaits d’un mouchoir mouillé sur la
tête…
Bonne nuit…
***