Lieu de départ : l’étang du puits
Lever : 6h
Heure de départ : 8h (on prend le rythme
!)
Heure d’arrivée : 15h à Blancafort
Distance parcourue : 16km
Météo : soleil, chaleur
Paysages : canal de la Sauldre
Terrain : plat, herbe et gravier
Raconté par : Blandine
Courte journée qui
nous mène jusqu’à Blancafort où nous sommes accueillis
à bras ouverts par les parents de ma tante Bernadette. Peu de distance
parcourue mais nous sommes un peu mal en point : Matthieu a le genou droit
qui bloque, l’herbe mouillée a inondé mes chaussures et je
sens les ampoules s’allumer lentement mais sûrement sous mes pieds,
Gaspard a les joues abîmées par les boucles en métal
du licol… Nous marchons bien, mais c’est la perspective d’une après-midi
de repos qui nous motive ! A Argent-sur-Sauldre, où nous nous arrêtons
pour faire quelques courses, les gens nous sourient et nous approchent
avec curiosité. Nous attirons l’admiration de ceux qui nous demandent
jusqu’où nous allons. Nous passons à plusieurs reprises près
de gros travaux de voirie (pelleteuses et engins en tous genres), Gaspard
ne s’affole pas, il fait comme si de rien n’était ! Quel trésor,
cet âne !
En revanche, à ce
même carrefour, alors que nous attendions notre tour pour traverser
cet axe quand même relativement important, il n’a rien trouvé
de mieux que de se coucher par terre (oui, de se coucher, carrément,
avec tout le chargement sur le dos !), devant tout le monde, comme s’il
était à bout de force, le pauvre… On aurait pu avoir la honte
! Heureusement, Jacques Clouteau notre mentor nous avait prévenus
pour ça aussi (« Il s’écroulera au bout de sa longe,
langue pendante comme s’il était à l’agonie, mais il ne faut
pas se laisser avoir : c’est juste parce qu’il n’aura pas envie de travailler
! »). Ah, il n’est pas resté couché longtemps, le chenapan
! C’était bien un test, car quand il a vu que ça ne prenait
pas et qu’on lui ordonnait de se relever, en deux secondes et un petit
coup de rein pour se rétablir, hop, il était debout, avec
un air innocent… Bon, comme c’était à nous de traverser,
on y va, à la fois amusés et un peu interloqués par
cette farce inattendue. On le surveille de près, pour le prendre
en flagrant délit au cas où il essaierait de recommencer,
mais il marche normalement tout le reste du chemin.
Longer le canal devient
un peu lassant car le paysage est monotone, mais ça a au moins l’avantage
d’aller presque en droite ligne, donc assez vite.
Agréable pause-sieste dans une prairie
ombragée. Nos pieds se reposent dans des chaussettes sèches
(l’humidité nous oblige à en changer régulièrement),
Gaspard broute en liberté mais il s’éloigne parfois un peu
trop et il faut sans arrêt retourner le chercher.
En arrivant vers 15h chez
nos hôtes, nous commençons par une douche (un régal
!) pendant que Gaspard se gave de trèfle bien tendre laissé
là exprès pour lui. Je lui remets de l’argile verte (sur
ses blessures de la nuit de vadrouille, sur ses joues abîmées,
et derrière le paturon postérieur droit, à vif à
cause des prises de longe d’hier soir).
Nous profitons de l’après-midi
pour faire une première tournée de lessive (à la main)
: en 3 jours, nous avons utilisé chacun 3 T-shirts, 2 pantalons
ou shorts, quelques sous-vêtements et… une dizaine de paires de chaussettes
! Le stock était presque épuisé !
Nous repérons également
notre itinéraire jusqu’à Monétay sur Allier, notre
prochain point de chute : 200 km, en une dizaine de jours, ça doit
être faisable.
Matthieu a piqué
une tête dans l’étang du « fond du jardin », nous
avons dîné avec toute la famille, et Matthieu a même
repris de la courgette au thon (si si, de la courgette !)
Dans la série «
trucs incroyables », aussi, Gaspard s’est mis à braire ! Pour
un oui ou pour un non, dès qu’on est un peu trop loin de lui, ou
s’il est content, ou si l’herbe sent bon, ou que sais-je, il pousse la
chansonnette à qui mieux-mieux. Nous nous en amusons (pour l’instant,
car étant nomades nous ne craignons pas d’exaspérer trop
longtemps les voisins… Qu’en sera-t-il lorsque Gaspard devra rester sans
nous dans son pré, à l’arrivée ?)…
Cette demi-journée
de repos tombait à pic, nous sommes prêts à repartir
demain matin pour de nouvelles aventures !
* * *