MERCREDI 25 JUILLET – JOUR 4

Lieu de départ : l’étang du puits
Lever : 6h
Heure de départ : 8h (on prend le rythme !)
Heure d’arrivée : 15h à Blancafort
Distance parcourue : 16km
Météo : soleil, chaleur
Paysages : canal de la Sauldre
Terrain : plat, herbe et gravier

Raconté par : Blandine

    Courte journée qui nous mène jusqu’à Blancafort où nous sommes accueillis à bras ouverts par les parents de ma tante Bernadette. Peu de distance parcourue mais nous sommes un peu mal en point : Matthieu a le genou droit qui bloque, l’herbe mouillée a inondé mes chaussures et je sens les ampoules s’allumer lentement mais sûrement sous mes pieds, Gaspard a les joues abîmées par les boucles en métal du licol… Nous marchons bien, mais c’est la perspective d’une après-midi de repos qui nous motive ! A Argent-sur-Sauldre, où nous nous arrêtons pour faire quelques courses, les gens nous sourient et nous approchent avec curiosité. Nous attirons l’admiration de ceux qui nous demandent jusqu’où nous allons. Nous passons à plusieurs reprises près de gros travaux de voirie (pelleteuses et engins en tous genres), Gaspard ne s’affole pas, il fait comme si de rien n’était ! Quel trésor, cet âne !
    En revanche, à ce même carrefour, alors que nous attendions notre tour pour traverser cet axe quand même relativement important, il n’a rien trouvé de mieux que de se coucher par terre (oui, de se coucher, carrément, avec tout le chargement sur le dos !), devant tout le monde, comme s’il était à bout de force, le pauvre… On aurait pu avoir la honte ! Heureusement, Jacques Clouteau notre mentor nous avait prévenus pour ça aussi (« Il s’écroulera au bout de sa longe, langue pendante comme s’il était à l’agonie, mais il ne faut pas se laisser avoir : c’est juste parce qu’il n’aura pas envie de travailler ! »). Ah, il n’est pas resté couché longtemps, le chenapan ! C’était bien un test, car quand il a vu que ça ne prenait pas et qu’on lui ordonnait de se relever, en deux secondes et un petit coup de rein pour se rétablir, hop, il était debout, avec un air innocent… Bon, comme c’était à nous de traverser, on y va, à la fois amusés et un peu interloqués par cette farce inattendue. On le surveille de près, pour le prendre en flagrant délit au cas où il essaierait de recommencer, mais il marche normalement tout le reste du chemin.
    Longer le canal devient un peu lassant car le paysage est monotone, mais ça a au moins l’avantage d’aller presque en droite ligne, donc assez vite.
Agréable pause-sieste dans une prairie ombragée. Nos pieds se reposent dans des chaussettes sèches (l’humidité nous oblige à en changer régulièrement), Gaspard broute en liberté mais il s’éloigne parfois un peu trop et il faut sans arrêt retourner le chercher.
    En arrivant vers 15h chez nos hôtes, nous commençons par une douche (un régal !) pendant que Gaspard se gave de trèfle bien tendre laissé là exprès pour lui. Je lui remets de l’argile verte (sur ses blessures de la nuit de vadrouille, sur ses joues abîmées, et derrière le paturon postérieur droit, à vif à cause des prises de longe d’hier soir).
    Nous profitons de l’après-midi pour faire une première tournée de lessive (à la main) : en 3 jours, nous avons utilisé chacun 3 T-shirts, 2 pantalons ou shorts, quelques sous-vêtements et… une dizaine de paires de chaussettes ! Le stock était presque épuisé !
    Nous repérons également notre itinéraire jusqu’à Monétay sur Allier, notre prochain point de chute : 200 km, en une dizaine de jours, ça doit être faisable.
    Matthieu a piqué une tête dans l’étang du « fond du jardin », nous avons dîné avec toute la famille, et Matthieu a même repris de la courgette au thon (si si, de la courgette !)
    Dans la série « trucs incroyables », aussi, Gaspard s’est mis à braire ! Pour un oui ou pour un non, dès qu’on est un peu trop loin de lui, ou s’il est content, ou si l’herbe sent bon, ou que sais-je, il pousse la chansonnette à qui mieux-mieux. Nous nous en amusons (pour l’instant, car étant nomades nous ne craignons pas d’exaspérer trop longtemps les voisins… Qu’en sera-t-il lorsque Gaspard devra rester sans nous dans son pré, à l’arrivée ?)…
    Cette demi-journée de repos tombait à pic, nous sommes prêts à repartir demain matin pour de nouvelles aventures !

* * *

partie précédente                 le lendemain ( J5 )                 retour au sommaire