VENDREDI 24 AOUT – JOUR 34

Lever : 7h30
Départ de Matthieu : 9h
Distance parcourue par Matthieu : environ 700 km (aller et retour Dauphin - St Cirgues -Dauphin)
          par Blandine et Gaspard : 0 km
Météo : soleil très chaud

Raconté par : Blandine

     Ce matin, nous avons été réveillés par un tintement de clochette (que nous connaissons bien…) sur fond de bruit de galop, et par dessus la voix de Maurice qui criait « Ooooh, oooh !» … C’était Gaspard qui passait en courant, traînant derrière lui le parpaing auquel Maurice l’avait attaché pour lui permettre de brouter à un autre endroit que cette nuit. Cette technique était efficace avec Scoubidou le poney shetland qui vivait chez eux avant, mais Gaspard ne semblait pas gêné par son boulet, et le tirait sans problème derrière lui ! Nous l’avons donc remis au piquet à l’angle du potager.

     Après une petite photo souvenir (avec Matthieu dans le rôle de l'ambulancier et moi dans le rôle de l'infirmière), Matthieu est parti avec l’ambulance, et je suis restée là, avec Gaspard et quelques jours de retard à rattraper dans le cahier (ce qui est fait). Ma seul inquiétude, c’est que la batterie lâche et qu’il se retrouve coincé quelque part avec un véhicule en panne qui ne lui appartient pas. Mais enfin, si jamais ça arrive, ce sera toujours moins grave que si ça s’était produit hier avec Gaspard à l’arrière du camion… Croisons quand même les doigts…
    Après avoir attaché Gaspard à l’ombre, rempli sa bassine d’eau, remis de l’argile sur la blessure de sa queue, vaporisé de l’anti-mouche à gogo (il se fait dévorer vivant par ces sales bêtes), resserré l’anneau du grelot qui menaçait de se détacher, soigné la blessure qu’il s’est faite au poitrail à force de tirer comme un forcené sur sa chaîne, passé un peu de temps à le caresser et à le gratouiller, je l’ai laissé seul à nouveau. Il n’aime pas ça.
     Matthieu a appelé à midi (malgré sa répugnance pour ce genre d’instruments, il avait pris le portable avec lui), il était à Aubenas, tout allait bien. J’espère que d’Aubenas à St Cirgues il en sera de même…
     Ma tante et moi sommes allées rendre visite à Mireille (ma cousine) et David, chez eux à Oraison. Nous avons bavardé autour d’un verre, Mireille m‘a fait visiter leur maison… C’était sympa. Dans l’après-midi j’ai aussi pu bavarder avec Marie (mon autre cousine), qui passait chez ses parents avant d’aller travailler.
     Régulièrement, je retourne auprès de Gaspard, qui dévore avec application les feuilles des arbres qui l’entourent. Je lui apporte à boire, je le change d'endroit pour qu'il ait toujours de l'ombre, je surveille son comportement… Il ne boîte pas, il fait plein de crottins bien ronds, il n’a pas l’air traumatisé par notre trajet d’hier. Tant mieux. Je m’en veux toujours de n’avoir pas pensé à protéger sa queue dès le départ. Il est assez agité, mais c’est normal : il ne nous voit pas de là où il est, il s’ennuie sûrement, et quand je m’approche de lui, il se met à braire à pleins poumons pour m’accueillir.
    Matthieu a rappelé vers 17h, pour me dire qu’il en avait marre : ça faisait 2 heures qu’il poireautait à la sortie d’Aubenas, et pourtant ce n’étaient pas les voitures qui manquaient. Mais personne ne le prenait en stop. Entre temps, il avait quand même pu rapporter l’ambulance à bon port (une bonne chose de faite !) et se faire redéposer à Aubenas par une bonne âme. Mais depuis, plus rien. Tout à coup il me raccroche au nez en m’expliquant juste que « ça y est, il y a une voiture qui s’arrête…clic ! » Bon, j’espère que cette voiture l’emmènera le moins loin possible d’ici… pourvu qu’il ne mijote pas comme ça pendant des heures à chaque changement !
     Vers 20h, toujours pas de nouvelles. C’est bon signe : il doit être dans une voiture. Vers 21h, la nuit est tombée. Je décide de l’appeler pour savoir où il en est : est-ce qu’il faut qu’on aille le chercher ? Tel que je le connais, il est capable de ne pas appeler rien que pour nous faire la surprise d’arriver jusqu’ici tout seul et épater la galerie. J’appelle avec le portable de ma tante, je tombe sur le répondeur, et je n’ai pas plutôt laissé un semblant de début de message que mon oncle m’appelle : Matthieu est en ligne sur le téléphone de la maison ! Il a passé Apt et demande qu’on vienne le chercher (25 km). Ma tante et moi prenons la voiture… Dans le feu de l’action, j’ai gardé son portable à la main en oubliant de le raccrocher, siu bien que Matthieu reçoit un message de trois minutes avec tous les détails de nos conversations !
     Nous le récupérons enfin, à l’endroit indiqué, et rentrons. Il est 22h. Matthieu a faim et il est fatigué, mais pas trop énervé par cette journée pourtant éprouvante. Nous nous couchons vers 23h, avec la perspective d’une vraie journée de repos demain.

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