Lieu de départ :
Lever : 7h
Heure de départ : 8h30
Arrivée chez le prêteur de fourgonnette
: 10h30
(2h de route pour faire 50 km ! En montagne,
tout est plus difficile…)
Départ de chez le prêteur de
fourgonnette : 11h30 (le temps de tout nous expliquer)
Retour à Costelonge avec le véhicule
: 13h30
Départ de Costelonge avec Gaspard dans
le véhicule : 14h30
Heure d’arrivée à Dauphin :
21h30
Distance parcourue : environ 300 km (Waouh
!) en 7h !
Météo : soleil très chaud
(le coca bout littéralement !)
Paysages : Ardèche, vallée du
Rhône, Provence
Terrain : route oranges
Raconté par : Blandine
Que d’allées
et venues !
La « ferme-auberge-location
d’ânes-gîte rural » est bien à l’endroit indiqué,
et pourtant nous ne la trouvons pas du premier coup. Une fois arrivé,
nous découvrons une ambiance familiale-babacool assez sympa. Le
propriétaire des lieux a en effet le look 68 (vieux jean, sandales,
cheveux longs, …) et sa maison est à son image (belle vieille baraque
paumée, terrain rempli de vieux trucs récupérés,
voitures entreposées, grange et pré remplis d’ânes
et de chevaux tous très beaux…). Il a un peu l’accent allemand,
et il est très sympa. Il nous emmène vers l’engin… La fameuse
fourgonnette se révèle être en fait une ancienne ambulance
de la croix rouge (années 60) réaménagée pour
le transport de ses ânes (barres d’appui à l’avant et à
l’arrière, mais pas de cloison ni de protections latérales…
Gaspard saura-t-il se caler ?). Il y a encore les gyrophares et le klaxon
2 tons ! C’est un vieux machin qui fait un boucan pas possible mais qui
roule bien. Les freins aussi sont bruyants mais efficaces. D’après
le propriétaire, il y a juste la batterie qui risque de nous jouer
des mauvais tours, mais il l’a rechargée cette nuit exprès
pour nous. Un coup de gros scotch sur les gyrophares pour ne pas avoir
d’ennuis avec la maréchaussée, et nous voilà partis,
en route vers Costelonge pour retourner chercher notre Gaspard. Je suis
un peu impressionnée par notre gabarit, mais Matthieu semble maîtriser
la situation. Quand même, si les parents voyaient ça, ils
ne seraient sûrement pas très rassurés ! Enfin, on
verra bien, il n’y a pas de raison pour que ça se passe mal.
A Costelonge, nous
déjeunons rapidement, puis nous chargeons et arrimons nos bagages,
et enfin, nous entreprenons de faire monter Gaspard. Il n’y a pas de pont,
donc il faudra qu’il enjambe la marche, mais c’est dans ses cordes. Je
monte la première en le tenant à la longe. Lui, curieux,
flaire la moquette et les bords de la porte. Je le laisse prendre son temps,
mais il ne semble pas avoir envie de monter. J’essaie de l’attirer avec
des pommes, Matthieu lui prend un antérieur pour le poser sur la
plateforme… Ca ne marche pas. Bon. On va faire comme pour le premier gué
: lui parler, et attendre sans le laisser reculer. Au bout de 10 minutes,
il monte tout seul sans qu’on insiste davantage. Et voilà !
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Nous l’installons
du mieux que nous pouvons. Si nous avions eu quelques ballots de foin,
on aurait pu les attacher sur les côtés pour réduire
l’espace en largeur et lui permettre de se caler… Mais on n’en a pas. Il
faudra surveiller, et s’arrêter régulièrement pour
le laisser se reposer ! 14h30 : Nous partons enfin… (en oubliant notre
précieux bidon à eau !)
Je surveille notre
passager par la lucarne centrale, il a vite trouvé la solution :
il se place dans le sens de la largeur et non face à la route,
appuyant ses fesses contre la paroi latérale du camion, et son flanc
sur la barre d’appui à laquelle il est attaché. Au bout d’une
heure et demie nous arrivons à peine à Aubenas. Nous nous
arrêtons pour donner à boire à Gaspard, et découvrons
par la même occasion qu’à force d’appuyer ses fesses sur le
mur, il a le haut de la queue complètement écorché.
Je m’en veux terriblement : j’aurais dû prévoir ça
! Ca arrive tout le temps ! Nous lui enduisons la blessure d’une bonne
couche d’argile verte, ça va rafraichir, et entourons la queue dans
une bande d’élastoplaste, puis nous fixons tant bien que mal la
couverture le long de la paroi, pour adoucir son appui… Il ne boit pas.
Nous repartons, en espérant que la suite du trajet sera moins tortueuse
et plus facile pour lui. Le pauvre tremble un peu sur ses pattes, mais
parvient à garder son équilibre à chaque virage.
Après Aubenas,
la route devient enfin plus droite et nous « filons »
à une moyenne de 70 km/h, par Orange, Carpentras, Cavaillon, Apt…
Il fait chaud. Nous nous arrêtons plusieurs fois mais Gaspard ne
boit pas malgré nos encouragements. Il ne fait pas de crottin non
plus, preuve que même s’il semble calme, il doit être relativement
stressé. Il est temps que ça se termine ! Heureusement, nous
roulons sans problème et arrivons enfin à Dauphin vers 21h30,
sans avoir eu le moindre ennui de panne.
Nous sommes accueillis
par Marie-Odile et Maurice, mon oncle et ma tante. Gaspard quitte l’ambulance
sans se faire prier, visiblement soulagé de retrouver la terre ferme.
Je le fais marcher un peu, il se détend, boit enfin… Quelques caresses
et calins…il n’est pas rancunier. Nous l’attachons dans la prairie, et
il se remet à brouter comme si de rien n’était, bien qu’il
n’y ait a pas grand chose à manger, par ici : l’herbe est plutôt
sèche sous ce climat… Mon oncle lui donne du foin. Il faudra nous
procurer du grain avant de repartir, car nous n’en avons plus.
Mon oncle et ma tante
nous offrent un bon repas et un cadeau de mariage (un robot de cuisine
extra) ! Nous regardons pour la première fois des photos de notre
mariage, ça fait drôle : on avait presque oublié comment
c’était !

Bon, finalement, ça
s'est plutôt bien passé, cette histoire de transport, même
si notre équipage ne payait pas de mine...
Ce soir, nous dormons dans
un vrai lit, et demain Matthieu repart pour rendre l’ambulance à
son propriétaire. Il compte se débrouiller pour revenir en
stop dans la journée. J’espère qu’il y arrivera facilement…
Je l’attendrai ici, avec Gaspard, et peut-être qu’on restera encore
un peu samedi pour que Matthieu aussi puisse faire une vraie journée
de pause.
Ensuite, nous partirons
pour la dernière partie de notre voyage, de Dauphin à Plascassier,
en longeant les gorges du Verdon… Ca promet d’être splendide !
* * *