Lieu de départ : refuge du Col du Béal
Lever : 7h30
Heure de départ : 9h30
Heure d’arrivée : 19h30 (épuisés)
Distance parcourue : 26 km
Météo : temps parfait, idéal,
génial : soleil sans nuages, mais pas chaud !
Paysages : sublimes !
Terrain : chemins de terre, cailloux
Raconté par : Matthieu
« Cyrille, tu as loupé
quelque chose ! »
Cette phrase rituelle,
que nous lançons à chaque fois que nous voyons Cyrille et
Gwendal, qui viennent nous filmer de temps à autres, prend toute
son ampleur dans un jour comme aujourd’hui. En effet, nos deux reporters
ont renoncé à venir ce week-end, estimant que le prochain
suffirait. Mais cette journée a été forte en sensations
et en rencontres…


On contourne un peu le terrain militaire qui occupe le sommet (et contre qui je râle abondamment pour « démolition volontaire de coins de nature extraordinaires »), et on découvre le panorama du sud…


On remercie le couple de
marcheurs qui nous ont offert cette visite guidée, et on poursuit
vers le sud, sur des plateaux en pente douce, sans arbre, sans cailloux,
rien que de l’herbe et des moutons – pratique, pour baliser le GR… On croise
toujours beaucoup de monde, on parle, on explique, et on repart à
travers champs, en suivant la piste laissée par les nombreux randonneurs
avant nous, ouvrant et fermant les barrières qui séparent
les pâturages traversés par le GR. Heureusement, aucun de
ces passages ne bloque Gaspard, il y a toujours une porte qu’on peut ouvrir.
On continue à descendre
sans histoire, enchaînant les rencontres de marcheurs, de «
vététistes », de cavaliers, de familles en balade…
Quand je dis « descente », entendons-nous : c’est en fait presque
du plat jusqu’à ce soir, « des collines douces en altitude
», mais comme on est plus bas, c’est qu’on est descendus (de presque
500 m).
Après notre goûter,
un homme nous accompagne pendant plus d’une heure avec sa chienne rousse
pour qui Gaspard semble se prendre d’amitié (il est toujours très
intéressé par les chiens, dès lors que ceux-ci ne
se montrent pas agressifs). Il nous dit que pour aller à Nice il
nous reste environ 650 km (il l’a fait début juillet). Je lui demande
plus de précisions, et il nous explique que lui et 15 autres coureurs
de son village St Georges-Haute-Ville ont couru jusqu’à Nice, en
une semaine. Ils se relayaient par deux, toutes les heures, de 5h je crois
à 22h ; Cette opération leur a permis de récolter
de l’argent pour leur association qui aide les enfants hospitalisés
du département de la Loire, en leur offrant des jeux ou des voyages
à Euro Disney… Au début, ils couraient pour rejoindre la
fête des St Georges, fête qui réunit tous les villages
de France qui s’appellent St Georges (environ 80, je crois).
Il nous a donné des conseils pour la
suite de notre parcours : si on doit faire un bout en camion, il faut aller
jusqu’en Ardèche, au moins, en suivant le GR jusqu’au village de
Tines. Après on peut prendre un camion (la vallée du Rhône,
c’est de la route, de la circulation, de la ville, c’est moins intéressant)
jusqu’à un vignoble dont j’ai oublié le nom, mais qui est
sur le GR 4. Il nous a aussi donné plus de renseignements sur les
gorges du Verdon, qu’on envisage de prendre mais qu’on ne connaît
pas du tout : nous apprenons ainsi qu’au fond, il y a des échelles,
et que Gaspard ne les franchira sûrement pas ! De toute façon,
on se doutait bien qu’il vaudrait mieux longer les gorges sans y descendre.
J’ai oublié de prendre
son adresse, mais on va essayer de lui écrire quand même (il
y a 1000 habitants dans son village, on a peut-être une chance…)
Nous arrivons enfin à une route, et
il nous quitte après nous avoir indiqué une petite source
non loin de là. Nous repartons à 18 h en quête d’un
endroit où passer la nuit. Cette dernière partie de notre
trajet est moins intéressante, mais c’est sans doute parce que nous
faisons plus attention à notre fatigue qu’au paysage…
Nous arrivons enfin au
café de la Croix de l’Homme Mort (charmant, comme nom, pour dormir
!), et demandons l’hospitalité à une dame qui nous envoie
un peu trop rapidement vers un petit bois en dehors du GR où, nous
assure-t-elle, nous trouverons de la place. Nous aurions préféré
dormir chez quelqu’un , ne serait-ce que dans un pré à vaches,
mais bon, tant pis, finalement on trouve un coin pas mal avec de l’herbe.
On est bien soulagés de poser nos sacs à dos.
Pour la première
fois depuis notre départ, on fait un petit feu, c’est joli et ça
réchauffe (et en plus c’est bien pratique pour finir de faire chauffer
les raviolis quand la bouteille de gaz est vide !!!). Et puis, tous les
deux près du feu, ça rappelle des souvenirs…
« Cyrille, t’a loupé quelque chose !…»
* * *