VENDREDI 10 AOUT – JOUR 20

Lieu de départ : centre équestre après Chabreloche
Lever : 8h (on a trop bien dormi !)
Heure de départ : 10h30
Heure d’arrivée : 18h30
Distance parcourue : 20km
Météo : soleil nuages
Paysages : montagne, forêt
Terrain : terre, cailloux

Raconté par : Blandine

     Aujourd’hui encore, Gaspard nous a suivis pendant tout le temps où on était sur des chemins. On a juste été obligés de retourner le chercher 100m en arrière 2 ou 3 fois car il restait parfois prisonnier de ses sirènes (les hautes herbes des prairies à flanc de montagne) et il oubliait de marcher.
     Cette façon de marcher côte à côte favorise la conversation, comme au temps où nous n’étions même pas encore amoureux et où nous partions marcher pour parler. D’ailleurs, nos conversations sont toujours aussi métaphysiques. Exemple : Pourquoi le nez et la bouche communiquent-ils, alors que chacun est sensé mener de façon systématique à un endroit bien déterminé ? Quand les narines sont-elles apparues ? Ca a dû lui faire drôle, à la mère, d’avoir donné naissance à un monstre ! A moins que les narines soient apparues avant les yeux, auquel cas personne ne s’en est vraiment aperçu et il n’y a pas eu de problème…
     Aujourd’hui, nous nous sommes dit que c’était le voyage de noces le plus fatigant mais le plus génial qu’on ait jamais fait. On escalade des montagnes, on passe des cols, on franchit des obstacles, on rencontre des gens, on découvre des paysage, on apprend à vivre au rythme de la nature, à boire et à manger en ayant conscience de la valeur de l’eau et des aliments, à dormir d’un sommeil efficace… On touche à l’essentiel de la vie. On avait compté 40 jours de marche, ça ne suffira sûrement pas vu notre rythme actuel, mais ça ressemble vraiment à une traversée du désert. Sauf qu’on est deux, main dans la main, et quelle sensation extraordinaire on trouve à réaliser ensemble un projet aussi fou ! C’est fort…
 
 

     Ce soir, après quelques difficultés dans la forêt à cause des arbres déracinés par la tempête qui nous barraient le chemin, nous avons trouvé l’hospitalité au couvent de l’Hermitage, à 1100m d’altitude.

    Ils ont l’habitude ici de voir passer des pèlerins ou des randonneurs, parfois avec des ânes (pas plus tard que la semaine dernière, il y avait une ânesse ou une mule qui s’appelait Bergamote), dès notre arrivée nous avons été accueillis à bras ouverts. Il y avait là un groupe d’adultes handicapés mentaux dont certains se sont approchés et ont voulu tout savoir sur notre âne. Ils étaient fascinés par Gaspard, et heureux de pouvoir le toucher, lui parler…
    On nous a installés dans une prairie à l’herbe tendre, parfaite comme repas pour Gaspard et comme matelas pour nous.

    Après un dîner rapide (saucisses-purée), nous nous sommes dépêchés de tout ranger pour aller nous blottir dans la tente car il fait FRRRRROID !
    Mais avant de manger, nous avons eu le temps de profiter de la vue magnifique dans les derniers rayons du soleil. Demain, nous allons retrouver notre Gaspard tout gelé, avec des stalactites au bout des oreilles ! Matthieu a un peu regardé notre itinéraire pour demain : ça va être dur, car nous resterons longtemps sans croiser une maison, il faudra économiser l’eau...
    Voilà, c’est pour nous l’heure de dormir, alors à demain pour la suite de nos aventures !

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