Lieu de départ : La Chapelle
Lever : 7h
Heure de départ : 9h15 (après
avoir dit au revoir à Quentin)
Heure d’arrivée : 18h
Distance parcourue : 18 km
Météo : soleil nuages
Paysages : début des montagnes devant
nous, plaine derrière
Terrain : route puis GR (chemins de terre)
Raconté par : Blandine
Aujourd’hui, nous ne sommes
pas allés très loin bien que nous ayons bien marché.
C’est que ça y est, nous y sommes, c’est la montagne ! Ca monte
et ça descend, alors forcément on va moins vite que sur du
plat… Gaspard peine surtout dans les descentes lorsque le bât pèse
sur ses épaules et prend du ballant. En revanche, dans les montées,
il nous sèmerait vite si on ne le tenait pas ! Nous admirons sa
puissance et son endurance.
Matinée sans surprise,
hormis l’horizon que nous découvrons en haut des côtes…
Nous parlons de choses
et d’autres, par exemple des noms rigolos qu’on pourrait donner à
nos ânes quand on aura un élevage : il y aura
l’âne Achronique
l’âne Alphabête
l’âne Anas
l’âne Emie
l’âne Icroche
l’âne Imal
l’âne Iversaire
l’âne On-Alors
l’âne Orexique
l’âne ormal
l’âne Stramgram
l’ânesse Thésie
l’âne Thon
…
Joli troupeau, n’est-ce pas ?
Après une courte
sieste (il faisait trop chaud), nous sommes repartis de plus belle à
l’attaque de la montagne bourbonnaise, espérant secrètement
rencontrer des ânes du même nom. A un moment, problème
: le GR ne correspond plus à ce qu’indique notre carte. Deux habitants
du coin nous indiquent que si on revient sur nos pas pour prendre le chemin
qui tournait à gauche un peu plus haut, on arrive au Sichon, une
petite rivière qu’il faut traverser à gué, et que
sinon on peut continuer à descendre par la route pour prendre le
pont, mais c’est plus long. Descendre pour remonter après, cela
ne nous tente pas trop. Alors nous décidons d’essayer par le gué.
Arrivés sans encombre au bord du Sichon, nous commençons
à défaire nos chaussures et à remonter nos pantalons
(car il y a bien 20 ou 30 cm d’eau). Le fond de la rivière est plein
de cailloux, et il faut passer dans l’eau sur 7 ou 8 mètres pour
atteindre l’autre rive. De plus, de petits rapides font un bruit qui pourrait
inquiéter Gaspard… Un nouveau défi nous attend ! Gaspard
mettra-t-il un sabot dans l’eau ? Au bout de combien de temps ? Les sacoches
seront-elles inondées ? Les deux habitants qui nous ont renseignés
ne croyaient pas que nous pourrions passer avec l’âne, ils nous ont
conseillé d’essayer de le faire traverser à reculons ! On
leur a dit que si on n’y arrivait pas, ils nous verraient repasser pour
faire le tour, mais on compte bien réussir…
Nous avons posé
nos sacs pour être plus libres de nos mouvements, on reviendra les
chercher après. J’entre dans l’eau (elle est froide !). Gaspard
s’approche, prudent. Je fais quelques pas vers le milieu de la rivière,
sans lâcher la longe, pour qu’il comprenne bien que je lui demande
de me suivre et qu’il ne s’imagine pas que je vais patauger pour mon propre
plaisir. Au bout de quelques instants, sans que j’aie eu besoin d’insister,
il me suit ! Pour une surprise ! Alors que nous avions mis plus d’1/2 heure
la dernière fois pour un gué bien moins grand que celui là
! Matthieu traverse pour se poster en face et prendre des photos de l’action.
Au début, j’avance doucement, pour laisser le temps à Gaspard
de « trouver ses prises », car les cailloux sont glissants
et le fond de la rivière n’est pas stable.

Mais très vite il me rejoint, et, d’un pas beaucoup plus sûr que le mien, termine sa traversée tout seul !
Incroyable ! Nous
n’en revenons pas.
Matthieu retourne
chercher nos sacs à dos et les affaires que nous avions laissées
de l’autre côté. Pendant que je remets mes chaussures, Gaspard,
qui broutait tranquillement sur le chemin, est retourné au bord
de l’eau et… traverse à nouveau ! Alors ça c’est la meilleure,
bientôt il faudra le retenir tellement il sera content de se baigner
! Matthieu le ramène à bon port et cette fois je le surveille
de près. Epatés, nous le félicitons pour cette brillante
preuve de confiance, et pendant un long moment ensuite, longe posée
sur le cou, il nous suit sagement malgré la raideur de la côte,
sans que nous ayons besoin de le tenir. C’est un âne tout terrain
que nous avons là ! La joie que nous procure son amitié nous
donne des ailes.
Ce soir, nous «
campons sauvage », au sommet de la grosse colline (ou petite montagne
?) où nous sommes. Nous avons une vue à 360 degrés,
et un peu de vent, mais la tente est bien accrochée, aucun risque
de s’envoler. Au menu : nouilles-jambon, très original. Il faut
préciser que dans les quelques jours qui viennent nous allons devoir
nous suffire à nous-mêmes car la prochaine ville susceptible
d’avoir une épicerie est à quelques dizaines de kilomètres…
Ce soir, Matthieu
téléphone (on a rechargé la batterie à Montigny,
et par miracle ici on capte un peu). D’abord à Chloé, une
copine, pour la prévenir de notre date de passage et savoir si elle
nous accueillera à St Bonnet le Château, dans un peu plus
d’une semaine ; ensuite à Nathanaël AGNB, un copain du forum,
pour lui donner de nos nouvelles ; enfin à Cyrille, notre reporter,
pour planifier la suite des opérations avec lui.
Et puis, non Matthieu, malheureusement, je ne suis pas encore enceinte…
* * *