MARDI 7 AOUT – JOUR 17

Lieu de départ : La Chapelle
Lever : 7h
Heure de départ : 9h15 (après avoir dit au revoir à Quentin)
Heure d’arrivée : 18h
Distance parcourue : 18 km
Météo : soleil nuages
Paysages : début des montagnes devant nous, plaine derrière
Terrain : route puis GR (chemins de terre)

Raconté par : Blandine

    Aujourd’hui, nous ne sommes pas allés très loin bien que nous ayons bien marché. C’est que ça y est, nous y sommes, c’est la montagne ! Ca monte et ça descend, alors forcément on va moins vite que sur du plat… Gaspard peine surtout dans les descentes lorsque le bât pèse sur ses épaules et prend du ballant. En revanche, dans les montées, il nous sèmerait vite si on ne le tenait pas ! Nous admirons sa puissance et son endurance.
    Matinée sans surprise, hormis l’horizon que nous découvrons en haut des côtes…
    Nous parlons de choses et d’autres, par exemple des noms rigolos qu’on pourrait donner à nos ânes quand on aura un élevage : il y aura
l’âne Achronique
l’âne Alphabête
l’âne Anas
l’âne Emie
l’âne Icroche
l’âne Imal
l’âne Iversaire
l’âne On-Alors
l’âne Orexique
l’âne ormal
l’âne Stramgram
l’ânesse Thésie
l’âne Thon

Joli troupeau, n’est-ce pas ?

     Après une courte sieste (il faisait trop chaud), nous sommes repartis de plus belle à l’attaque de la montagne bourbonnaise, espérant secrètement rencontrer des ânes du même nom. A un moment, problème : le GR ne correspond plus à ce qu’indique notre carte. Deux habitants du coin nous indiquent que si on revient sur nos pas pour prendre le chemin qui tournait à gauche un peu plus haut, on arrive au Sichon, une petite rivière qu’il faut traverser à gué, et que sinon on peut continuer à descendre par la route pour prendre le pont, mais c’est plus long. Descendre pour remonter après, cela ne nous tente pas trop. Alors nous décidons d’essayer par le gué. Arrivés sans encombre au bord du Sichon, nous commençons à défaire nos chaussures et à remonter nos pantalons (car il y a bien 20 ou 30 cm d’eau). Le fond de la rivière est plein de cailloux, et il faut passer dans l’eau sur 7 ou 8 mètres pour atteindre l’autre rive. De plus, de petits rapides font un bruit qui pourrait inquiéter Gaspard… Un nouveau défi nous attend ! Gaspard mettra-t-il un sabot dans l’eau ? Au bout de combien de temps ? Les sacoches seront-elles inondées ? Les deux habitants qui nous ont renseignés ne croyaient pas que nous pourrions passer avec l’âne, ils nous ont conseillé d’essayer de le faire traverser à reculons ! On leur a dit que si on n’y arrivait pas, ils nous verraient repasser pour faire le tour, mais on compte bien réussir…
     Nous avons posé nos sacs pour être plus libres de nos mouvements, on reviendra les chercher après. J’entre dans l’eau (elle est froide !). Gaspard s’approche, prudent. Je fais quelques pas vers le milieu de la rivière, sans lâcher la longe, pour qu’il comprenne bien que je lui demande de me suivre et qu’il ne s’imagine pas que je vais patauger pour mon propre plaisir. Au bout de quelques instants, sans que j’aie eu besoin d’insister, il me suit ! Pour une surprise ! Alors que nous avions mis plus d’1/2 heure la dernière fois pour un gué bien moins grand que celui là ! Matthieu traverse pour se poster en face et prendre des photos de l’action. Au début, j’avance doucement, pour laisser le temps à Gaspard de « trouver ses prises », car les cailloux sont glissants et le fond de la rivière n’est pas stable.

Mais très vite il me rejoint, et, d’un pas beaucoup plus sûr que le mien, termine sa traversée tout seul !

     Incroyable ! Nous n’en revenons pas.
     Matthieu retourne chercher nos sacs à dos et les affaires que nous avions laissées de l’autre côté. Pendant que je remets mes chaussures, Gaspard, qui broutait tranquillement sur le chemin, est retourné au bord de l’eau et… traverse à nouveau ! Alors ça c’est la meilleure, bientôt il faudra le retenir tellement il sera content de se baigner ! Matthieu le ramène à bon port et cette fois je le surveille de près. Epatés, nous le félicitons pour cette brillante preuve de confiance, et pendant un long moment ensuite, longe posée sur le cou, il nous suit sagement malgré la raideur de la côte, sans que nous ayons besoin de le tenir. C’est un âne tout terrain que nous avons là ! La joie que nous procure son amitié nous donne des ailes.

     Ce soir, nous « campons sauvage », au sommet de la grosse colline (ou petite montagne ?) où nous sommes. Nous avons une vue à 360 degrés, et un peu de vent, mais la tente est bien accrochée, aucun risque de s’envoler. Au menu : nouilles-jambon, très original. Il faut préciser que dans les quelques jours qui viennent nous allons devoir nous suffire à nous-mêmes car la prochaine ville susceptible d’avoir une épicerie est à quelques dizaines de kilomètres…
     Ce soir, Matthieu téléphone (on a rechargé la batterie à Montigny, et par miracle ici on capte un peu). D’abord à Chloé, une copine, pour la prévenir de notre date de passage et savoir si elle nous accueillera à St Bonnet le Château, dans un peu plus d’une semaine ; ensuite à Nathanaël AGNB, un copain du forum, pour lui donner de nos nouvelles ; enfin à Cyrille, notre reporter, pour planifier la suite des opérations avec lui.

    Et puis, non Matthieu, malheureusement, je ne suis pas encore enceinte…

* * *

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