Lieu de départ : les Gordats (Besson)
Réveil : 6h30 (il pleut)
Lever : 7h30 (il ne pleut plus)
Heure de départ : 9h30
Heure d’arrivée : 15h chez nos amis
à Montigny sur Allier
Distance parcourue : 18 km
Météo : pluie et soleil
Paysages : collines
Terrain : bas côtés des routes
Raconté par : Matthieu
Départ de notre lieu
d’accueil ce matin, après une discussion fort sympathique.
On a oublié de leur demander leur adresse, mais on va noter ce dont
on se souvient pour pouvoir leur écrire.
Ensuite, courte journée,
mais pleine de détours pour pouvoir atteindre Monétay sans
passer par la nationale… Encore des rencontres sympa : nous demandons notre
chemin à une famille, devant une vieille ferme transformée
en maison de vacances, tout au bout d’un chemin sur lequel nous nous sommes
aventurés par erreur. Ils nous renseignent gentiment et nous discutons
quelques minutes avec eux. C’est amusant d’observer le regard des gens
: ce ne sont pas les premiers à regarder d’abord Gaspard, apercevoir
sur le licol son nœud de tulle et son ruban, puis jeter un coup d’œil discret
à nos mains avant d’oser demander : « c’est un voyage de noces
? » Nous constatons que nos alliances sont un signe fort, pas seulement
pour nous qui commençons à nous y habituer, mais pour tous
ceux qui cherchent à percevoir qui nous sommes. En général,
ils trouvent que c’est une idée originale, un projet courageux…,
certains nous envient et avouent qu’ils en feraient bien autant, d’autres
au contraire nous admirent mais déclarent : « Eh ben, c’est
pas moi qui ferais ça… ! », quelques uns refusent de croire
que nous comptons aller si loin ! C’est vrai que ça paraît
fou. Nous avons trouvé un rythme, nous sommes en quelque sorte «
stabilisés dans notre nomadisme », notre voyage est devenu
une chose ordinaire pour nous, et nous oublions parfois combien nous pouvons
paraître étranges, courageux ou inconscients, à ceux
qui nous voient passer avec notre âne et nos bagages. Nous aimons
nous sentir ainsi décalés, mais nous prenons en même
temps conscience des difficultés que doivent éprouver les
gens un peu marginaux à se faire accepter dans la société.
Nous, on a une « excuse » : on est en voyage de noces, on est
en vacances avec un âne, mais on a aussi une vie « normale
» qui nous attend quelque part, après. C’est un peu une garantie.
Mais les vrais vagabonds, ceux qui n’ont ni attaches ni argent ni «
carte de visite », doivent rencontrer des obstacles autrement plus
insurmontables que les nôtres : qui leur fera confiance ? Qui leur
rendra service ? Qui leur offrira l’hospitalité ? Qui acceptera
de discuter avec eux ? Qui ne s’en méfiera pas ? Je sens qu’en ressortant
de cette aventure, nous verrons les choses et les gens différemment.
Tant mieux : c’est toujours bon d’apprendre à faire confiance et
à accueillir. C’est quelque chose que le monde d’aujourd’hui ne
nous enseigne pas assez.
Enfin c’est l’arrivée
chez les Stocker en début d’après-midi. Mes souvenirs sont
encore bons, et nous trouvons leur maison après quelques recherches,
mais sans nous tromper.
C’est reposant de savoir
qu’on va se reposer !
Une bonne douche ça
fait du bien, on se sent plus propres. Puis un passage dans la piscine,
ça détend. Et des discussions avec des gens qu’on connaît,
c’est agréable aussi, ça change… On reparle du mariage…
Gaspard mange. Il
a l’air d’apprécier la pause lui aussi.
On a commencé à
déplier nos cartes pour voir la suite de l’itinéraire, on
finira demain.
Bon, et puis, pour info, j’ai mangé
des épinards. Bonne nuit !
* * *