VENDREDI 3 AOUT – JOUR 13

Lieu de départ : les Gordats (Besson)
Réveil : 6h30 (il pleut)
Lever : 7h30 (il ne pleut plus)
Heure de départ : 9h30
Heure d’arrivée : 15h chez nos amis à Montigny sur Allier
Distance parcourue : 18 km
Météo : pluie et soleil
Paysages : collines
Terrain : bas côtés des routes

Raconté par : Matthieu

    Départ de notre lieu d’accueil ce matin, après une discussion fort sympathique.  On a oublié de leur demander leur adresse, mais on va noter ce dont on se souvient pour pouvoir leur écrire.
    Ensuite, courte journée, mais pleine de détours pour pouvoir atteindre Monétay sans passer par la nationale… Encore des rencontres sympa : nous demandons notre chemin à une famille, devant une vieille ferme transformée en maison de vacances, tout au bout d’un chemin sur lequel nous nous sommes aventurés par erreur. Ils nous renseignent gentiment et nous discutons quelques minutes avec eux. C’est amusant d’observer le regard des gens : ce ne sont pas les premiers à regarder d’abord Gaspard, apercevoir sur le licol son nœud de tulle et son ruban, puis jeter un coup d’œil discret à nos mains avant d’oser demander : « c’est un voyage de noces ? » Nous constatons que nos alliances sont un signe fort, pas seulement pour nous qui commençons à nous y habituer, mais pour tous ceux qui cherchent à percevoir qui nous sommes. En général, ils trouvent que c’est une idée originale, un projet courageux…, certains nous envient et avouent qu’ils en feraient bien autant, d’autres au contraire nous admirent mais déclarent : « Eh ben, c’est pas moi qui ferais ça… ! », quelques uns refusent de croire que nous comptons aller si loin ! C’est vrai que ça paraît fou. Nous avons trouvé un rythme, nous sommes en quelque sorte « stabilisés dans notre nomadisme », notre voyage est devenu une chose ordinaire pour nous, et nous oublions parfois combien nous pouvons paraître étranges, courageux ou inconscients, à ceux qui nous voient passer avec notre âne et nos bagages. Nous aimons nous sentir ainsi décalés, mais nous prenons en même temps conscience des difficultés que doivent éprouver les gens un peu marginaux à se faire accepter dans la société. Nous, on a une « excuse » : on est en voyage de noces, on est en vacances avec un âne, mais on a aussi une vie « normale » qui nous attend quelque part, après. C’est un peu une garantie. Mais les vrais vagabonds, ceux qui n’ont ni attaches ni argent ni « carte de visite », doivent rencontrer des obstacles autrement plus insurmontables que les nôtres : qui leur fera confiance ? Qui leur rendra service ? Qui leur offrira l’hospitalité ? Qui acceptera de discuter avec eux ? Qui ne s’en méfiera pas ? Je sens qu’en ressortant de cette aventure, nous verrons les choses et les gens différemment. Tant mieux : c’est toujours bon d’apprendre à faire confiance et à accueillir. C’est quelque chose que le monde d’aujourd’hui ne nous enseigne pas assez.

    Enfin c’est l’arrivée chez les Stocker en début d’après-midi. Mes souvenirs sont encore bons, et nous trouvons leur maison après quelques recherches, mais sans nous tromper.
    C’est reposant de savoir qu’on va se reposer !
    Une bonne douche ça fait du bien, on se sent plus propres. Puis un passage dans la piscine, ça détend. Et des discussions avec des gens qu’on connaît, c’est agréable aussi, ça change… On reparle du mariage…
     Gaspard mange. Il a l’air d’apprécier la pause lui aussi.
    On a commencé à déplier nos cartes pour voir la suite de l’itinéraire, on finira demain.
Bon, et puis, pour info, j’ai mangé des épinards. Bonne nuit !

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