JEUDI 2 AOUT – JOUR 12

Lieu de départ : Ecuries de Ray
Lever : 6h15
Heure de départ : 7h50 (waouh !)
Heure d’arrivée : 19h
Distance parcourue : 26  km
Météo : nuages, ciel menaçant mais sans suite, puis soleil
Paysages : prés à vaches, bois, collines
Terrain : bas côtés

Raconté par : Blandine

    Ce matin, Gaspard était mort. Du moins c'est ce qu'on aurait pu croire... Couché, et même étendu de tout son long sur le flanc, il dormait encore ! Je l’ai réveillé tout doucement et je lui ai donné son grain (il faut le nourrir le plus tôt possible, pour qu’il ait le temps de commencer à digérer avant qu’on parte).
    Ensuite, comme il tombait quelques gouttes, nous nous sommes dépêchés de tout ranger et de charger Gaspard avant que le ciel ne nous tombe dessus, et nous sommes partis… à 8h moins 10 ! Record battu ! ...Il n’a pas plu.
    Nous avons bien marché toute la matinée. Nous avons rencontré une famille qui nous a donné de l’eau et nous a emmené voir ses deux ânesses un peu plus loin sur le chemin (Pomme, 30 ans, et Alpha, 10 ans) pas bien grandes mais mignonnes comme tout.
    Nous n’avions pas de pain pour le repas de midi, alors exceptionnellement nous avons sorti le réchaud pour nous faire cuire… des nouilles (génial…)!
    Nous nous sommes accordé une longue pause sieste dans la forêt puis nous sommes repartis, harcelés par les moucherons. Peu avant Besson, comme il faisait très chaud, nous avons fait halte chez une dame pour avoir de l’eau. C’était une maison isolée, au bord de la route, et dès que nous nous sommes approchés, plusieurs chiens sont venus aboyer derrière le portail. Nous  nous demandions bien quel accueil nous allions recevoir – si du moins quelqu’un venait voir ce qui se passait… La dame qui nous a ouvert était très gentille. Elle s’est volontiers occupée de nous, et nous a même offert un peu d’avoine aplatie de sa jument. Nous avons discuté quelques minutes, et Gaspard a eu son petit succès auprès de deux de ses amies qui passaient la voir à ce moment-là. En revanche, il n’était pas très rassuré devant un petit chien qui jouait au ballon  à ses pieds.
    Le reste de la journée s'est passé sans événement particulier : nous avons marché, marché, marché... mangé du pain et du nutella pour notre goûter, puis encore marché...

    Le soir, après plusieurs essais infructueux (personne n’était chez soi là où nous frappions pour demander l’hospitalité), nous avons finalement trouvé un endroit où dormir : chez un agriculteur encore une fois, dans un pré inoccupé. Chaque fin de journée est un peu une épreuve car nous avons l’inquiétude de  trouver un endroit convenable pour la nuit, donc la nécessité de vaincre notre fatigue et notre timidité pour aborder les gens avec le sourire, ce qui est parfois difficile après un ou plusieurs échecs. Mais l’accueil est souvent chaleureux et dès que nous savons où nous poser, tout va déjà mieux. C’est un moment très agréable pour nous, le moment où nous nous reposons vraiment, où nous prenons ensemble le temps de ne rien faire, le temps de repenser à nos aventures de la journée, le temps de jouer un peu avec Gaspard.
    Tiens, mais à propos, où est-il celui là ? Près de la clôture : il fait la conversation à Gitane, la belle grosse jument percheronne du pré voisin, tout en se gavant de poires tombées du seul arbre du pré ! En vitesse, j’en ramasse le plus possible pour les jeter hors de sa portée. Point de vue santé, il est un peu usé près du garrot, rien de grave mais j’espère que la journée de repos prévue chez des amis (après demain) suffira à le requinquer. A part ça, il semble être moins fatigué bien qu’il dorme toujours beaucoup (sans doute le complément en grain tous les matins y est-il pour beaucoup). En revanche il a probablement mal aux pieds (surtout les postérieurs) car il lui arrive de les étendre brusquement en arrière ou de les frapper plusieurs fois contre le sol, comme s’il avait des crampes. Malheureusement, nous n’avons pas de quoi lui masser les tendons au jet d’eau à chaque étape…
    Quant à nous, nous sommes contents mais fatigués. Nous commençons à envisager de faire une partie du trajet en camion (le 3ème quart ?) pour profiter de la balade sans forcer mais quand même ne pas arriver trop après la fin août (il faut encore emménager avant la rentrée). Matthieu a toujours des ampoules aux pieds et mal au dos (son sac est très lourd). A la fin de chaque pause, lorsque assis par terre sac au dos il essaie de se relever, il ressemble à une grosse tortue empêtrée. C’est assez marrant.
    Il est 21h20, c’est l’heure des câlins, alors à demain !

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