Lieu de départ : Dauphin
Lever : 6h (ça faisait longtemps que
c’était pas arrivé…)
Heure de départ : 7h40 (RECORD !)
Heure d’arrivée : 20h (c’est tard…)
Distance parcourue : beaucoup. TRES beaucoup
(voir texte). RECORD.
Météo : soleil très chaud.
Insupportable ente 10h et 19h
Paysages : colines, forêt de Provence
Terrain : routes, chemins de pompiers (cailloux
blancs)
Raconté par : Matthieu
Ca y est, nous sommes
enfin repartis, après 6 jours d’arrêt ! Nous avons réussi
à nous lever tôt, avant le soleil, pour profiter des heures
fraîches, et nous étions prêts bien avant 8 heures.
Nous avons remercié l’oncle et la tante de Blandine pour leur accueil,
et nous leur avons dit au revoir, pour de vrai cette fois.
Pendant les premiers
kilomètres, nous surveillions Gaspard de près pour déceler
une éventuelle boiterie, mais il était totalement guéri.
Alors on est montés, montés, vers le col de la Mort d’Imbert.
Encore un col de mort ? Mais qu’est-ce qu’ils ont, les cols, à faire
mourir les gens ? Enfin, nous passons, vivants, et nous redescendons vers
Manosque par un petit chemin.
Traversée
de Manosque. Ah, les villes… Les gens nous regardent passer, avec admiration,
envie… ou, parfois, indignation devant la charge que nous faisons porter
à cette pauvre bête… (Pauvre bête qui, soit dit en passant,
n’a jamais eu l’air si content de marcher après ces quelques jours
d’arrêt forcé ! Pas une seule bêtise, jamais très
loin de nous, aucune difficulté pour l’attraper…) J’essaie d’expliquer
calmement aux gens que « non, il n’est pas trop chargé »,
pendant que Blandine fuit avec Gaspard les réflexions désagréables.
Plus loin, une dame et son fils nous interpellent et nous expliquent qu’ils
ont fait une randonnée avec un âne de location 3 semaines
auparavant dans le Languedoc, et que ça leur a beaucoup plu. Nous
discutons quelques minutes, puis continuons.
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On traverse la Durance,
rivière symbole de la Provence (du moins à mes yeux), grâce
à un grand pont suspendu, et on s’arrête pour manger sur le
GR, près de 2 ou 3 maisons désertées, peut-être
parce que trop éloignées de la route. A l’ombre d’un sapin,
pendant que Gaspard broute librement l’herbe qui pousse en bordure de la
grange, nous pouvons faire une sieste, juste dérangés par
les fourmis qui font de la randonnée sur nos cuisses.
Il fait chaud, très
chaud, lorsque nous quittons l’ombre vers 14h15 pour repartir. Mais on
ne va pas rester là tout l’après-midi… Nous avons fait plus
de 2 heures d’arrêt. Nous marchons en cherchant l’ombre et en vidant
nos gourdes dans nos gosiers asséchés. Nous plaignons Gaspard,
qui lui n’a rien bu depuis Manosque. Enfin nous arrivons à Gréoux-les-Bains.
Pour nous accueillir, comme souvent, un cimetière. Nous allons pouvoir
faire le plein d’eau ! Gaspard était assoiffé : il a bu une
bassine et demie (plus de 10 litres !). Tout à l’heure, dans Manosque,
en nous voyant, un enfant avait interpellé sa mère en criant
: « regarde Maman : un chameau ! ». Tout le monde a bien ri…
C’est vrai que Gaspard ne boit pas souvent, et qu’il boit beaucoup d’un
coup, mais pas autant qu’un chameau. Et d’ailleurs, il n’a qu’une bosse.
Pour goûter,
nous nous étions promis une glace. Ce ne fut pas simple car les
glaces étaient servies dans des coupes et les ânes n’étaient
pas admis en terrasse. Nous avons finalement pu nous régaler avec
des coupes poire-chocolat (mmmh) que nous avons dégustées
sur le trottoir en face du café… Et nous sommes repartis, encore…
J’avais peur de quitter
Gréoux car les habitations suivantes étaient vraiment loin
sur la carte, mais bon, on n’allait pas s’arrêter à 16h… Nous
nous sommes perdus une fois de plus en suivant les indications approximatives
de cette #!@?0* de carte de *!!?@#. Si je trouve un gars de l’IGN, je lui
fais avaler notre lot de cartes. Enfin, nous sommes quand même les
plus forts, et en dépit des efforts de l’IGN pour nous égarer,
nous retrouvons notre chemin à travers la garrigue sauvage, grâce
à des sentiers de chasseurs et à une route coupe-feu. Cette
fois encore, on a bien cru qu’on était vraiment perdus. C’est à
la fois très agaçant et assez palpitant pour qu’on n’en garde
pas de trop mauvais souvenirs. Mais les souvenirs, ce sera pour plus tard
: pour l’instant, il est tard, nous avons faim et l’eau se fait rare, alors
nous prenons un melon pour deuxième goûter (c’est un melon
du jardin de Maurice et Marie-Odile, il est délicieux)… Vers 19h,
nous croisons une voiture avec trois personnes à bord qui nous indiquent
le chemin pour atteindre les Rouvières, prochain hameau, où
nous espérons faire étape. Grâce à eux, nous
éviterons de nous perdre à nouveau… Ils sont ébahis
par notre voyage et en particulier par notre étape d’aujourd’hui.
C’est vrai qu’il y a de quoi être impressionné… Comme l’un
d’entre eux dira avant de partir : « De Dauphaing ? Oh putaing !
»
Nous finissons par
atteindre les Rouvières, et nous comptons plus de 35 km de marche
aujourd’hui ! Waouh !
C’est le soir, nous
sommes soulagés de nous arrêter, et Gaspard broute goulûment
le carré d’herbe au milieu du petit carrefour. Il y a même
une cabine téléphonique et un tuyau d’arrosage en libre service
! Chouette ! Depuis le temps que j’en rêvais ! On décharge
Gaspard et hop, la douche sous le tuyau (pour Gaspard, seulement les muscles
et les tendons des pattes, mais pour nous la douche entière)… c’est
froid mais ça fait du bien ! C’est génial.

Ce soir, on est crevés, vidés, lessivés, mais la journée a été bonne. Nous nous endormons facilement, tout heureux…
* * *