MARDI 28 AOUT – JOUR 38… Journée des records !

Lieu de départ : Dauphin
Lever : 6h (ça faisait longtemps que c’était pas arrivé…)
Heure de départ : 7h40 (RECORD !)
Heure d’arrivée : 20h (c’est tard…)
Distance parcourue : beaucoup. TRES beaucoup (voir texte). RECORD.
Météo : soleil très chaud. Insupportable ente 10h et 19h
Paysages : colines, forêt de Provence
Terrain : routes, chemins de pompiers (cailloux blancs)

Raconté par : Matthieu

     Ca y est, nous sommes enfin repartis, après 6 jours d’arrêt ! Nous avons réussi à nous lever tôt, avant le soleil, pour profiter des heures fraîches, et nous étions prêts bien avant 8 heures. Nous avons remercié l’oncle et la tante de Blandine pour leur accueil, et nous leur avons dit au revoir, pour de vrai cette fois.
     Pendant les premiers kilomètres, nous surveillions Gaspard de près pour déceler une éventuelle boiterie, mais il était totalement guéri. Alors on est montés, montés, vers le col de la Mort d’Imbert. Encore un col de mort ? Mais qu’est-ce qu’ils ont, les cols, à faire mourir les gens ? Enfin, nous passons, vivants, et nous redescendons vers Manosque par un petit chemin.
     Traversée de Manosque. Ah, les villes… Les gens nous regardent passer, avec admiration, envie… ou, parfois, indignation devant la charge que nous faisons porter à cette pauvre bête… (Pauvre bête qui, soit dit en passant, n’a jamais eu l’air si content de marcher après ces quelques jours d’arrêt forcé ! Pas une seule bêtise, jamais très loin de nous, aucune difficulté pour l’attraper…) J’essaie d’expliquer calmement aux gens que « non, il n’est pas trop chargé », pendant que Blandine fuit avec Gaspard les réflexions désagréables. Plus loin, une dame et son fils nous interpellent et nous expliquent qu’ils ont fait une randonnée avec un âne de location 3 semaines auparavant dans le Languedoc, et que ça leur a beaucoup plu. Nous discutons quelques minutes, puis continuons.
 

     On traverse la Durance, rivière symbole de la Provence (du moins à mes yeux), grâce à un grand pont suspendu, et on s’arrête pour manger sur le GR, près de 2 ou 3 maisons désertées, peut-être parce que trop éloignées de la route. A l’ombre d’un sapin, pendant que Gaspard broute librement l’herbe qui pousse en bordure de la grange, nous pouvons faire une sieste, juste dérangés par les fourmis qui font de la randonnée sur nos cuisses.
     Il fait chaud, très chaud, lorsque nous quittons l’ombre vers 14h15 pour repartir. Mais on ne va pas rester là tout l’après-midi… Nous avons fait plus de 2 heures d’arrêt. Nous marchons en cherchant l’ombre et en vidant nos gourdes dans nos gosiers asséchés. Nous plaignons Gaspard, qui lui n’a rien bu depuis Manosque. Enfin nous arrivons à Gréoux-les-Bains. Pour nous accueillir, comme souvent, un cimetière. Nous allons pouvoir faire le plein d’eau ! Gaspard était assoiffé : il a bu une bassine et demie (plus de 10 litres !). Tout à l’heure, dans Manosque, en nous voyant, un enfant avait interpellé sa mère en criant : « regarde Maman : un chameau ! ». Tout le monde a bien ri… C’est vrai que Gaspard ne boit pas souvent, et qu’il boit beaucoup d’un coup, mais pas autant qu’un chameau. Et d’ailleurs, il n’a qu’une bosse.
     Pour goûter, nous nous étions promis une glace. Ce ne fut pas simple car les glaces étaient servies dans des coupes et les ânes n’étaient pas admis en terrasse. Nous avons finalement pu nous régaler avec des coupes poire-chocolat (mmmh) que nous avons dégustées sur le trottoir en face du café… Et nous sommes repartis, encore…
     J’avais peur de quitter Gréoux car les habitations suivantes étaient vraiment loin sur la carte, mais bon, on n’allait pas s’arrêter à 16h… Nous nous sommes perdus une fois de plus en suivant les indications approximatives de cette #!@?0* de carte de *!!?@#. Si je trouve un gars de l’IGN, je lui fais avaler notre lot de cartes. Enfin, nous sommes quand même les plus forts, et en dépit des efforts de l’IGN pour nous égarer, nous retrouvons notre chemin à travers la garrigue sauvage, grâce à des sentiers de chasseurs et à une route coupe-feu. Cette fois encore, on a bien cru qu’on était vraiment perdus. C’est à la fois très agaçant et assez palpitant pour qu’on n’en garde pas de trop mauvais souvenirs. Mais les souvenirs, ce sera pour plus tard : pour l’instant, il est tard, nous avons faim et l’eau se fait rare, alors nous prenons un melon pour deuxième goûter (c’est un melon du jardin de Maurice et Marie-Odile, il est délicieux)… Vers 19h, nous croisons une voiture avec trois personnes à bord qui nous indiquent le chemin pour atteindre les Rouvières, prochain hameau, où nous espérons faire étape. Grâce à eux, nous éviterons de nous perdre à nouveau… Ils sont ébahis par notre voyage et en particulier par notre étape d’aujourd’hui. C’est vrai qu’il y a de quoi être impressionné… Comme l’un d’entre eux dira avant de partir : « De Dauphaing ? Oh putaing ! »
     Nous finissons par atteindre les Rouvières, et nous comptons plus de 35 km de marche aujourd’hui ! Waouh !
     C’est le soir, nous sommes soulagés de nous arrêter, et Gaspard broute goulûment le carré d’herbe au milieu du petit carrefour. Il y a même une cabine téléphonique et un tuyau d’arrosage en libre service ! Chouette ! Depuis le temps que j’en rêvais ! On décharge Gaspard et hop, la douche sous le tuyau (pour Gaspard, seulement les muscles et les tendons des pattes, mais pour nous la douche entière)… c’est froid mais ça fait du bien ! C’est génial.

    Ce soir, on est crevés, vidés, lessivés, mais la journée a été bonne. Nous nous endormons facilement, tout heureux…

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