Lieu de départ : Dauphin
Lever : 6h15
Heure de départ : 8h10
Heure d’arrivée : 8h45
Distance parcourue : 1,5 km
Météo : soleil
Paysages : le même
Raconté par : Blandine
Gaspard boite ! C’est
incompréhensible : hier il allait bien, il semblait même impatient
de reprendre la route, et ce matin il boite de l’antérieur droit.
Nous l’avons palpé, massé… Aucune blessure apparente (à
part l’entaille au poitrail qu’il s’est faite avec le mousqueton avant-hier
mais qui ne semble pas le faire souffrir), aucun point sensible, seulement
une petite fente horizontale de 5 mm sur le coté du sabot, à
peu près à mi-hauteur, que je n’avais pas remarquée
avant, mais qui semble superficielle. Aurait-il mal à l’intérieur
? Se serait-il foulé la jambe en s’emmêlant dans sa chaîne
cette nuit ? Aurait-il des rhumatismes provoqués hier par l’eau
froide de la rivière sur ses articulations fatiguées (à
son âge ? j’aurais plutôt pensé que l’eau lui ferait
du bien… En plus il n’a fait que la traverser plusieurs fois, en des endroits
peu profonds… Mais bon, pourquoi pas…) ? Serait-ce un contre coup
de la fatigue du transport – 2 jours après ? Toujours est-il qu’il
boite bas. Nous tentons quand même le départ pour voir si
ça passera, mais nous renonçons rapidement. Mieux vaut une
journée de repos supplémentaire ici qu’une mauvaise journée
de marche sous la canicule, qui ne ferait qu’empirer les choses. Et puis,
on n’a pas le droit de faire travailler un animal blessé. Nous faisons
donc demi-tour, déchargeons nos affaires et remettons Gaspard au
repos, dans l’enclos des moutons dont nous bricolons la clôture pour
bien la fermer (normalement, cette partie du pré est ouverte sur
deux autres pâturages et sert simplement de passage). L’inconvénient
étant qu’il a encore moins à manger qu’avant, car les moutons
ont épuisé le sol, mais l’avantage, c’est qu’on évite
ainsi de l’attacher (je suis presque sûre qu’il s’agit d’une prise
de longe pendant la nuit). On lui apporte de l’eau fraîche, du foin,
on le cajole… On le laisse seul tout en sachant qu’il déteste ça,
mais que faire : on ne va pas rester là à attendre toute
la journée…
Plusieurs heures plus tard,
il ne va pas mieux. Il reste debout à l’ombre sans trop bouger,
près de l’entrée du pré, pour guetter notre venue.
Si ça continue il faudra appeler un vétérinaire ou
un maréchal ferrant (ou les deux). La suite de notre voyage semble
cette fois sérieusement compromise.
Enfin, puisqu’on est là,
autant profiter de ce sursis pour nous reposer aussi… Lire, dormir, jouer
aux cartes ou aux dés (je gagne à tous les coups… c’est louche…).
Nous profitons de l’occasion
pour peser nos bagages avant de les redéfaire : chargés à
bloc, mon sac pèse 13 kg, celui de Matthieu 20 kg, et celui de Gaspard…
50 kg (sans compter le bât qui a lui seul pèse plus de 6 kg…)
! Au total donc 56 kg… C’est un maximum, ça doit plus souvent tourner
autour de 50 kg, vu que là on a fait le plein à la fois de
provisions pour nous et de grain pour Gaspard, ce qui ne nous était
jamais arrivé. Quand même, c’est énorme, et Gaspard
porte ça sans trop d’efforts puisqu’il court, même dans les
montées ! Quel brave bestiole, hein ?
Ce soir, Gaspard boite
toujours un peu, moins que ce matin pourtant (ou est-ce une impression
?). Il se couche et se lève avec précautions, mais il accepte
de me suivre doucement à travers le pré. Il mange et boit
aussi normalement, ce qui est rassurant. Nous décidons de ne pas
partir demain non plus : si on a de la chance son état va continuer
de s’améliorer, mais il faut attendre complète guérison.
On ira au marché, on fera notre courrier, on emmènera notre
copain brouter tranquillement au bord du chemin… Et si mardi il boite toujours,
on appellera un véto. Espérons qu'on n'en aura pas besoin...
A part ça, on a
appelé les parents : tout le monde va bien, et Marie-Claire (encore
une de mes cousines) a eu un petit Théo, 53 cm pour 3,2 kg. C’est
chouette !
* * *