DIMANCHE 26 AOUT – JOUR 36

Lieu de départ : Dauphin
Lever : 6h15
Heure de départ : 8h10
Heure d’arrivée : 8h45
Distance parcourue : 1,5 km
Météo : soleil
Paysages : le même

Raconté par : Blandine

     Gaspard boite ! C’est incompréhensible : hier il allait bien, il semblait même impatient de reprendre la route, et ce matin il boite de l’antérieur droit. Nous l’avons palpé, massé… Aucune blessure apparente (à part l’entaille au poitrail qu’il s’est faite avec le mousqueton avant-hier mais qui ne semble pas le faire souffrir), aucun point sensible, seulement une petite fente horizontale de 5 mm sur le coté du sabot, à peu près à mi-hauteur, que je n’avais pas remarquée avant, mais qui semble superficielle. Aurait-il mal à l’intérieur ? Se serait-il foulé la jambe en s’emmêlant dans sa chaîne cette nuit ? Aurait-il des rhumatismes provoqués hier par l’eau froide de la rivière sur ses articulations fatiguées (à son âge ? j’aurais plutôt pensé que l’eau lui ferait du bien… En plus il n’a fait que la traverser plusieurs fois, en des endroits peu profonds… Mais bon, pourquoi pas…) ?  Serait-ce un contre coup de la fatigue du transport – 2 jours après ? Toujours est-il qu’il boite bas. Nous tentons quand même le départ pour voir si ça passera, mais nous renonçons rapidement. Mieux vaut une journée de repos supplémentaire ici qu’une mauvaise journée de marche sous la canicule, qui ne ferait qu’empirer les choses. Et puis, on n’a pas le droit de faire travailler un animal blessé. Nous faisons donc demi-tour, déchargeons nos affaires et remettons Gaspard au repos, dans l’enclos des moutons dont nous bricolons la clôture pour bien la fermer (normalement, cette partie du pré est ouverte sur deux autres pâturages et sert simplement de passage). L’inconvénient étant qu’il a encore moins à manger qu’avant, car les moutons ont épuisé le sol, mais l’avantage, c’est qu’on évite ainsi de l’attacher (je suis presque sûre qu’il s’agit d’une prise de longe pendant la nuit). On lui apporte de l’eau fraîche, du foin, on le cajole… On le laisse seul tout en sachant qu’il déteste ça, mais que faire : on ne va pas rester là à attendre toute la journée…
    Plusieurs heures plus tard, il ne va pas mieux. Il reste debout à l’ombre sans trop bouger, près de l’entrée du pré, pour guetter notre venue. Si ça continue il faudra appeler un vétérinaire ou un maréchal ferrant (ou les deux). La suite de notre voyage semble cette fois sérieusement compromise.
    Enfin, puisqu’on est là, autant profiter de ce sursis pour nous reposer aussi… Lire, dormir, jouer aux cartes ou aux dés (je gagne à tous les coups… c’est louche…).
    Nous profitons de l’occasion pour peser nos bagages avant de les redéfaire : chargés à bloc, mon sac pèse 13 kg, celui de Matthieu 20 kg, et celui de Gaspard… 50 kg (sans compter le bât qui a lui seul pèse plus de 6 kg…) ! Au total donc 56 kg… C’est un maximum, ça doit plus souvent tourner autour de 50 kg, vu que là on a fait le plein à la fois de provisions pour nous et de grain pour Gaspard, ce qui ne nous était jamais arrivé. Quand même, c’est énorme, et Gaspard porte ça sans trop d’efforts puisqu’il court, même dans les montées ! Quel brave bestiole, hein ?
    Ce soir, Gaspard boite toujours un peu, moins que ce matin pourtant (ou est-ce une impression ?). Il se couche et se lève avec précautions, mais il accepte de me suivre doucement à travers le pré. Il mange et boit aussi normalement, ce qui est rassurant. Nous décidons de ne pas partir demain non plus : si on a de la chance son état va continuer de s’améliorer, mais il faut attendre complète guérison. On ira au marché, on fera notre courrier, on emmènera notre copain brouter tranquillement au bord du chemin… Et si mardi il boite toujours, on appellera un véto. Espérons qu'on n'en aura pas besoin...
    A part ça, on a appelé les parents : tout le monde va bien, et Marie-Claire (encore une de mes cousines) a eu un petit Théo, 53 cm pour 3,2 kg. C’est chouette !

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