LUNDI 20 AOUT – JOUR 30

Lieu de départ : pont d’Issarlès
Lever : 8h
Heure de départ : 10h15
Heure d’arrivée : 19h30
Distance parcourue : 25 km
Météo : soleil nuages
Paysages : montagne, source de l’Ardèche
Terrain : route, un peu de chemin sablonneux

Raconté par : Matthieu

     Cette nuit, nous avons eu un peu d’orage et de pluie, puis c’est passé et nous avons pu dormir tranquillement. Nous avons donc eu un peu de mal à nous réveiller ce matin pour quitter ce lieu enchanteur (mais nous y sommes arrivés !). Nous venons de traverser la Loire pour la quatrième et dernière fois, et nous allons maintenant nous en éloigner définitivement.

    Après une petite heure de route, nous devons emprunter un chemin en lacets jusqu’en haut d’une montagne, mais ce chemin s’évanouit soudain dans la forêt et nous ne savons plus par où continuer. Nous tentons à gauche, puis à droite, mais chaque fois nous sommes contraints de rebrousser chemin car les taillis sont trop épais. On retourne en arrière ? On continue un peu plus loin, à travers la forêt ? Blandine commence à s’inquiéter car même si on n’est pas à une haute alitude, c’est toujours dangereux de se perdre en montagne. C’est finalement en abandonnant toute trace de sentier et en traversant la forêt « au nez » que nous découvrons un autre chemin, de l’autre côté d’une série de barbelés ! Coup de pot, on n’a pas besoin de les couper car ils peuvent s’ouvrir justement à cet endroit. Bon, et maintenant, droite ou gauche ? Allez, on essaye par là, on longe des champs et on ressort au fin fond d’un petit hameau perdu au bout d’une montagne… Là où nous voulions arriver ! Ouf ! On a eu bien peur.
     On n’a plus rien à manger, alors on fait des nouilles, en économisant l’eau car on n’en a pas beaucoup… Ce n’est que bien plus tard dans l’après-midi que nous trouverons quelqu’un à qui en demander, et vérifier le chemin par la même occasion. Pendant ce temps, un chien s’approche de Gaspard, mais pas trop près… Gaspard avance pour le renifler, le chien recule en tournant autour de Blandine, et Gaspard le suit… ce petit jeu amuse Blandine.
     Nous découvrons le département de l’Ardèche, par un panorama splendide
et par les nombreux panneaux accrochés un peu partout : « propriété privée », « défense de ramasser les mirtyle » (ou mirtylles, ou myrtiles, ou mirtyls...), « privé », « chasse gardée » ,  « parking réservé » et les barbelés qui vont avec. Il y a sûrement des touristes peu scrupuleux qui ont provoqué cette floraison de pancartes, mais on ne se sent pas très bien accueillis quand même… 
    En regardant la carte, Blandine découvre que nous passons juste à côté de la source de l’Ardèche. Ce matin nous étions à côté de la Loire, et cet après-midi on va passer l’Ardèche, qui se jette dans le Rhône : ça veut dire qu’on va franchir la ligne de partage des eaux aujourd’hui ! On regarde la carte : « Ce ruisseau là va vers le nord, il va se jeter dans la Loire, celui-ci va vers le sud, vers l’Ardèche puis le Rhône… La ligne passe là, et on la franchira… ICI ! ». En arrivant à cet endroit, je me demande de quel côté coulerait l’urine de Gaspard s’il faisait pipi juste sur la ligne de partage des eaux, et à ce moment-là on voit un panneau : alors que nous sommes sur une petite route peu fréquentée, un grand panneau indique que nous traversons la ligne de partage des eaux Atlantique/Méditerranée. Et hop, une petite photo souvenir…

    Juste après, nous passons par dessus l’Ardèche, que nous aurions pu simplement enjamber comme un banal ruisseau s’il n’y avait pas de pont ! D’ailleurs, il n’y a pas de pont, ce n’est pas la route qui passe par dessus l’Ardèche, mais l’Ardèche qui passe en dessous de la route… Un peu plus loin, au col de la Chavade, il y a un autre panneau de ligne de partage des eaux. Eh oui, l’Allier n’est pas loin… Nous resterons à cheval sur la ligne encore un peu, mais je crois que ce soir nous dormons du côté Méditerranée.
    Vers 19h, Blandine commence à avoir très faim, et nous fatiguons un peu. Nous sommes impatients d ‘arriver au prochain hameau, pour y faire étape. En plus, depuis 3 km, des écriteaux – pour une fois accueillants – nous indiquent régulièrement un snack-buvette où nous pourrions peut-être manger une omelette… Nous en avons l’eau à la bouche rien que d’y penser et nous ne redoutons qu’une chose, c’est que ce soit fermé… Mais en arrivant, nous découvrons un petit resto familial avec un pré où vivent… 2 ânesses ! Deux petites ânesses corses, vraiment très jolies.  Les propriétaires nous accueillent à bras ouverts et nous proposent même de camper dans le pré. Gaspard, une fois débâté, essaie de lier connaissance, et il est intéressant d’observer les comportements de chacun. Au début, les deux ânesses s’en vont en courant à son approche, et il les poursuit (il a donc encore de l’énergie ? Pas nous !). Puis la plus jeune des deux (14 mois), curieuse, veut aller le voir de plus près, mais sa mère se précipite entre les deux, oreilles en arrière, et repousse Gaspard loin de sa fille. Du coup, c’est Gaspard qui se sauve, maintenant, bien qu’il soit nettement le plus imposant en taille ! Le pauvre, il est chassé. Enfin, il n’est pas tant à plaindre : ce soir, il peut aller et venir librement dans un grand pré, jouer, et brouter tout ce qu’il veut ! Les deux anesses, deux petites chipies, inspectent notre campement. Qu'elles sont minuscules et mignonnes !

    Après avoir monté la tente et fait notre toilette, nous allons manger notre omelette tout en continuant d’observer les trois ânes par la baie vitrée. Nous mangeons comme quatre… au sens propre comme au sens figuré d’ailleurs, car nous mangeons réellement deux omelettes chacun ! Puis salade, fromage, et gâteau aux framboises… Ca fait du bien de manger tranquillement, assis à une table…
    Ce soir, tout va bien, nous sommes heureux.
    Et demain, nous avons un mois de mariage…

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