Enfin une bonne journée !
Lieu de départ : le Grand Etang (à
Vannes sur Cosson)
Lever : 6h
Heure de départ : 8h (parfait !)
Heure d’arrivée : 18h
Distance parcourue : 26km
Météo : soleil, chaleur supportable
Paysages : forêt, canal de la Sauldre
Terrain : plat, chemins pierreux, un peu de
bas-côtés, sable.
Raconté par Matthieu :
Cette fois ça y est
: enfin une bonne journée… Lorsque nous avons sorti la tête
de la tente, Blandine a dit : « Gaspard est là, il va faire
beau, c’est une bonne journée qui s’annonce ! » Et de fait,
ce fut le cas. Nous étions réveillés tôt, nous
avons pu manger et ranger tranquillement, et partir de bonne heure. Nous
avons marché en bord de route, sur des chemins, en forêt,
dans des champs, en ville, près d’un canal…
D’abord nous avons traversé
Isdes, où nous nous sommes arrêtés quelques minutes
pour faire des courses. Blandine est allée acheter du pain, un melon,
du jus d’orange et des yaourts. Elle a un peu discuté avec la boulangère-épicière,
pour lui expliquer notre voyage. Pendant que j’attendais dehors avec Gaspard,
un petit homme âgé est venu me voir, avec son appareil photo
jetable. Il voulait nous prendre en photo. Il nous a dit qu’on était
très courageux et nous a laissé son adresse pour qu’on lui
donne des nouvelles à l’arrivée. Ce sont les premières
vraies rencontres que nous faisons, nous sommes tout contents d’expliquer
notre aventure aux gens !
Pause du matin.
Nous croisons un hérisson. Deux minutes
d’arrêt pour l’observer.
Nous voyons aussi de nombreuses petites grenouilles
qui sautent dans les fossés à notre approche. Tout est magnifique.
Quelle joie de marcher comme ça, dans
la nature !
Les couleurs des arbres,
des chemins, des sols… Les bruits des oiseaux, bien différents les
uns des autres, le bruit du vent, de l’eau, et celui des sabots de Gaspard
sur le sable ou les cailloux des chemins… Et les odeurs ! Nous ouvrons
grands nos yeux, nos oreilles, nos poumons, quel bonheur de profiter de
tout ça…
Mais bon, fini de rêver,
nous arrivons brusquement devant un petit cours d’eau qu’il nous faut traverser,
soit en passant sur un pylône électrique couché en
travers, soit en mettant les pieds dans l’eau…

Aïe aïe aïe ! Gaspard s’est immobilisé tout net. Nous savons bien qu’en général, les ânes se méfient de l’eau, mais pas question pour lui de jouer au funambule sur le poteau. Nous allons donc poser nos sacs à dos pour réfléchir à la meilleure méthode à employer. Nous finirons par toutes les essayer, de la plus douce à la plus expéditive : Gaspard veut bien s’approcher de l’eau pour attraper la carotte que nous lui tendons, mais pas question de se mouiller un sabot.

Moi en caleçon et Blandine pieds nus dans le ruisseau, sans cesser de l'encourager, nous essayons donc de le tirer, de le pousser, de le taper avec une baguette, de l’amadouer, de le cajoler, rien n’y fait. Pourtant, il finit par comprendre qu’on ne le laissera pas faire demi-tour : on le laisse tranquille, je suis devant lui dans le ruisseau et Blandine a traversé, je le tiens juste par la longe tendue, il peut avancer, mais pas se retourner. Au bout d’un moment de réflexion, il met enfin un sabot dans l’eau, puis aussitôt après il s’engage et passe de l’autre côté sans autre formalité, ne laissant même pas à Blandine le temps de cadrer sa photo !

OUAIS !!! Super ! Nous le
félicitons abondamment : comme nous sommes fiers de lui ! Et de
nous ! D’accord, ce n’était qu’une petite épreuve pour nous
trois mais quelle satisfaction de l’avoir réussie ensemble ! Notre
premier gué ! Bon, maintenant je me rhabille, on change de chaussettes,
et on repart… L’épisode aura quand même duré plus d’une
demi-heure…
Gaspard marche bien. L’après-midi,
nous rejoignons l’ancien canal de la Sauldre que nous longeons d’abord
rive nord avant de traverser au premier pont pour être à l’ombre
: le soleil tape quand même fort, même si les températures
ne sont pas élevées pour une fin juillet.

J’ai fini la première
pellicule photo. J’en ai 9 ou 10 en réserve, mais si je continue
à ce rythme, ça ne suffira pas, il faudra que j’en rachète
!
Au bord du canal nous saluons
quelques pêcheurs, nous observons les poissons-chats et des bancs
de petits poissons noirs qui font des « Rorschach » dans l’eau
(vous savez, le test des psychologues où on doit dire ce que nous
inspirent des taches d’encre). Nous arrivons à 18h à l’Etang
du Puits où le responsable du camping nous explique qu’il ne peut
pas nous prendre, mais qu’on peut se mettre à côté.
Nous nous installons donc à quelques mètres, ce qui nous
permet de profiter gratuitement de l’eau (mais aussi des bruits) du camping.
Après avoir planté
la tente et rangé notre campement, nous allons nous baigner. Ca
fait du bien ! L’eau est excellente. J’y serais bien resté encore
mais, événement aussi rare qu’inattendu, Gaspard que nous
avons emmené avec nous mais que nous avons laissé attaché
à coté de la plage se met à braire ! Pour de vrai,
fort et tout ! Est-ce pour nous appeler ? Pendant que je finis mon bain,
Blandine se précipite pour le rassurer, et explique notre voyage
à trois jeunes curieux et épatés. Avant de regagner
la tente, nous laissons Gaspard se rouler avec délectation dans
le sable doux et chaud. C’est un vrai plaisir de le voir se tortiller,
les quatre sabots en l’air, les yeux mi-clos…On ferait bien comme lui si
on n’avait pas peur d’avoir l’air un peu ridicules !

Nous finissons notre journée par un magnifique coucher de soleil sur l’étang, nous marchons quelques instants à côté du canal, encore un peu angoissés pour la nuit, d’autant que contrairement à hier Gaspard est agité et tire sans arrêt sur sa chaîne (alors qu’il a largement de quoi s’occuper à brouter autour de son arbre !) : il tourne en rond, s’emmêle, se retrouve toutes les 5 minutes avec un postérieur coincé dans sa chaîne… Enfin je crois que maintenant il dort, nous allons en faire de même…
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fin de la première partie
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