SAMEDI 18 AOUT – JOUR 28 : ça fait 4 semaines que nous sommes mariés !

Lieu de départ : Boussoulet
Lever : 7h30
Heure de départ : 9h45
Heure d’arrivée : 19h30
Distance parcourue : 21 km. Pas mal.
Météo : soleil, nuages, vent fort
Paysages : montagnes
Terrain : terre, cailloux

Raconté par : Blandine

    Ce matin, j’ai fait des petites nattes à Gaspard en signe de fête (et aussi parce que sinon, sa crinière trop longue fait concurrence à la coupe de cheveux de Matthieu… !)
    Il faisait beau mais il y avait du vent, si bien qu’on ne savait plus comment s’habiller (K-way, pull ? pull sans K-way, ou K-way sans pull ?). Je suis devenue experte dans l’art de mettre ou d’enlever une épaisseur sans poser mon sac à dos…
    Gaspard, qui nous suit toujours en liberté, traîne beaucoup. Il n’avance que lorsqu’il ne nous voit plus (et encore), et s’arrête lorsque nous nous arrêtons, sans nous rejoindre pour autant. Ce qui fait qu’à chaque fois que nous avons une route à traverser, si on ne veut pas l’attendre pendant des heures (on ne peut quand même pas traverser sans lui au risque de le laisser provoquer un accident quand il arrivera à son tour à la route !), nous sommes obligés de revenir en arrière pour le prendre à la longe. Il a très bien compris que quand on est loin devant et qu’on fait demi-tour parce qu’il n’arrive pas assez vite, il va se faire gronder. Du coup, quand il nous voit revenir vers lui, il se sauve à travers champs, le sacripant ! après deux ou trois scénarios de ce genre, on a fini par le tenir au licol tout le reste de la matinée.
    On est arrivés à St Front à l’heure du déjeuner, on a mangé près du lac en essayant de s’abriter du vent, puis on a voulu aller acheter du grain pour Gaspard dans un « poney-club/ferme-pédagogique », malheureusement il n’y avait pas âme qui vive hormis tout une population d’animaux de toutes espèces (exactement le genre de ménagerie qu’on aimerait avoir plus tard, Matthieu et moi ! Ane, vache, cochon, poules, lapins, chèvres, chat, poneys… mais pas de chien…). Nous sommes donc repartis « grenouilles » - euh, bredouilles.
    Cet après-midi, toujours beaucoup de vent, mais nous avons quitté le plateau pour franchir une barrière de montagnes et découvrir derrière un nouveau paysage. D’en haut, on peut voir le Mont Gerbier de Jonc (mais même en essayant de se repérer sur la carte et avec la boussole, on n’arrive pas à déterminer lequel de ces sommets est le bon ! Il faudra demander à quelqu’un du coin…)
    Nous sommes redescendus côté sud, vers le village des Estables (encore un joli village, mais très touristique) et après en avoir fait trois fois le tour, ou presque, nous avons trouvé à nous loger sur un terrain communal qu’on nous a indiqué. Problème : pas d’arbre ni de poteau auquel attacher Gaspard, et nous n’avons pas envie d’utiliser le piquet en tire-bouchon. Finalement, nous avons fixé la chaîne à un rondin de la passerelle toute proche, en espérant que notre cher Gaspard n’aura pas l’idée saugrenue de la franchir pendant la nuit (de l’autre côté, il y a une clôture électrifiée et des vaches).

    Gwendal nous a suivis avec sa caméra sur une bonne partie du trajet, il a filmé notre journée. Ce soir, Cyrille a remmené Matthieu au village en voiture pour aller chercher de l’eau et peut-être un peu de grain au centre équestre tout proche, pendant que je plantais la tente. Ils sont revenus avec un peu de granulés, de l’eau et… une pizza ! C’est la fête, ce soir ! Nous sommes fatigués, mais ce repas qui sort de l’ordinaire nous réconforte bien. Quand je dis « nous réconforte »… le moral est pourtant assez bon, malgré une petite baisse chez Matthieu ces jours derniers, mais il est vrai que nous manquons parfois de courage et d’énergie pour des petits riens (aller jeter la poubelle, ranger, sortir les pique-niques du bât…). Enfin, on s’aime toujours et cette vie de nomades nous plaît assez, même si chaque soir c’est un peu l’angoisse quand on ne trouve pas où s’installer. Le plaisir de suivre un chemin inconnu en allant toujours plus loin, sans avoir à se dire « il est tard, il faut faire demi-tour pour rentrer ». Le plaisir de marcher côte à côte. Le plaisir de s’asseoir dans l’herbe, d’étendre les jambes et de boire notre berlingot de jus d’orange en regardant le paysage. Le plaisir d’enlever nos chaussures après la marche. Le plaisir de faire la sieste à l’ombre… Tous ces plaisirs qui ne sont rien mais qui font tant de bien ! C’était insoupçonnable. C’est inoubliable.

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