Lieu de départ : Apinac
Lever : 6h30
Heure de départ : 9h
Heure d’arrivée : 19h30
Distance parcourue : 24 km (pas mal…)
Météo : soleil
Paysages : montagnes
Terrain : cailloux - abrupts
Raconté par : Blandine
Ce matin, nous avons quitté
Apinac après avoir récupéré notre téléphone
qui était resté coincé dans l’atelier toute la nuit.
Heureusement, les enfants se sont réveillés – et du coup
leurs parents aussi – ce qui nous a permis de ne pas partir trop tard.
Nous garderons un excellent
souvenir de cette halte, et d’ailleurs la dame nous a demandé d’écrire
une carte à son fils Daniel (10 ans) quand on serait arrivés,
ce qui, évidemment, était déjà dans nos intentions.
Matinée sans histoires
: nous marchons. A un moment, Matthieu et moi ne sommes pas d’accord sur
la façon de pousser Gaspard quand il traîne : la menace du
bâton derrière sa croupe, ou les petites tapes à main
nue sur les fesses ? Les deux méthodes sont efficaces mais chacun
critique celle de l’autre, et finalement Gaspard n’avance pas si mal. Petite
sieste à midi, puis nous partons à l’attaque du gros morceau
de la journée : 2 petites gorges à franchir d’affilée.
La première, au fond de laquelle coule l’Andrable, une petite rivière,
ne nous pose aucun problème. Nous demandons de l’eau à des
gens qui nous offrent également un verre de jus de pomme sur le
pas de la porte (nous ne pouvons entrer en laissant Gaspard sans surveillance)
et des figues excellentes (c’est la première fois que nous en mangeons,
et nous sommes séduits). Notre âne pendant ce temps lèche
goulûment la pierre à sel du pré voisin… L’Andrable
se franchit à gué sans autre formalité.
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Nous remontons sur la rive
opposée (3/4 d’heure jusqu’en haut !) puis redescendons d’autant
pour traverser cette fois-ci la vallée de l’Ance, une rivière
un peu plus grosse.
Des gens très gentils
offrent des friandises à Gaspard et nous conseillent un chemin moins
escarpé que le GR pour atteindre la rivière. Une fois là,
ça se corse : c’est vraiment un bon cours d’eau, impossible à
traverser à gué… Une passerelle métallique d’une vingtaine
de mètres de long, avec deux rambardes, nous attend… Aïe… Gaspard
avec ses sacoches n’est-il pas trop large pour passer ? Comment va-t-il
réagir au bruit inquiétant de ses sabots sur les plaques
de métal ? Après estimation, ça devrait passer «
juste-juste » en largeur sans avoir besoin d’enlever les sacoches.
Nous nous engageons, Matthieu devant, moi derrière, comme si de
rien n’était (on ne sait jamais, il n’a peut-être rien remarqué
!)… Il résiste. Bon. Il va falloir s’armer de patience ! Les badauds
s’approchent et y vont de leurs commentaires plus ou moins bienvenus («
Y a pas moyen, il passera pas ! » « Prenez un bâton et
tapez lui le derrière, c’est la seule solution pour le forcer à
avancer ! » « A mon avis, il faut lui bander les yeux ! »
« Bah, laissez tomber, les ânes c’est trop têtu… »).
Un peu agacés par toute cette agitation, nous nous efforçons
de ne pas y prêter attention, et pleins de douceur envers Gaspard,
nous insistons, nous l’encourageons. Il faut surtout qu’il s’engage bien
dans l’axe, car si les sacoches butent, il prendra peur et reculera… Nous
changeons de place : moi devant, et Matthieu derrière, peut-être
cela changera-t-il sa manière de voir les choses ? Finalement, au
bout d’une bonne demi-heure d’efforts soutenus, Gaspard a enfin les 4 sabots
sur le pont ! Comme prévu, les sacoches passent juste-juste, ça
se joue à quelques centimètres près… Encore quelques
instants d’hésitation et il se met à avancer prudemment mais
sans s’arrêter, jusqu’à l’autre bout. Ah, ils se taisent,
maintenant, ceux qui prédisaient qu’on n’y arriverait pas !

Avec tout ça, il
est 7h du soir et nous avons encore l’autre côté de la vallée
à remonter pour arriver à Sarlanges. Nous trouvons l’hospitalité
chez une dame seule avec son chien, très gentille et très
bavarde. Elle trouve Gaspard très beau (et c’est vrai, il est très
beau !) et s’inquiète un peu pour lui (des orages sont annoncés
pour cette nuit). Mais nous sommes à l’abri du vent derrière
sa maison et il a de l’herbe délicieuse pour son dîner, c’est
parfait.
Quant à nous, après avoir pris
notre repas chez elle, planté la tente et discuté un peu,
nous allons dormir. Matthieu a quand même trouvé le moyen
de s’empaler le pied sur une sardine en regagnant la tente.
Ca saignait pas mal, mais ça va mieux. Enfin, du moment qu’il ne
boîte pas, c’est pas grave !
P’tite bête…
* * *